L'UE s'attaque aux déchets d'emballages, mais laisse de nombreuses failles ouvertes
Janine Röling : « Nous sommes déçus que le niveau d'ambition ait cédé sous le lobby de l'industrie, mais en même temps, nous ne devons pas sous-estimer le fait que tout changement commence quelque part. Je vois cela comme le début d'une nouvelle approche plus durable des emballages. » Le lundi 4 mars 2024, le Parlement européen et le Conseil sont parvenus à un accord [...]

Janine Röling : ” Nous sommes déçus que le niveau d'ambition ait cédé sous le lobbying de l'industrie, mais en même temps, nous ne devons pas sous-estimer le fait que tout changement commence quelque part. Je vois cela comme le début d'une nouvelle approche plus durable des emballages. ” Le lundi 4 mars 2024, le Parlement européen et le Conseil sont parvenus à un accord sur le règlement européen sur les emballages (Packaging and Packaging Waste Regulation). L'accord marque la fin d'une longue et intense bataille politique pour introduire des mesures visant à enrayer la quantité toujours croissante de déchets d'emballages. Malgré des pressions sans précédent et un lobbying négatif, les institutions de l'UE se sont finalement mises d'accord sur une série de dispositions visant à prévenir la production de déchets d'emballages, à promouvoir les systèmes de réemploi et à réduire notre dépendance aux emballages jetables. Pour mettre un coup d'arrêt à la croissance incontrôlée des déchets d'emballages, l'Europe fixe aux États membres des objectifs contraignants de réduction de ces déchets (5 % d'ici 2030, 10 % d'ici 2035 et 15 % d'ici 2040). En outre, l'accord contient des objectifs visant à introduire des emballages réutilisables dans les secteurs des boissons et du transport. La fin des emballages plastiques à usage unique pour la consommation sur place est également en vue et les systèmes de consigne deviennent obligatoires. Janine Röling (association environnementale Recycling Netwerk Benelux) : « Cet accord est un pas important dans la bonne direction. Pour réduire notre dépendance aux matières premières, nous devons, en Europe, miser sur les systèmes de réemploi, l'évitement des emballages inutiles et un recyclage de haute qualité. Nous sommes déçus que le niveau d'ambition ait cédé sous le lobbying de l'industrie, mais en même temps, nous ne devons pas sous-estimer le fait que tout changement commence quelque part. Je vois cela comme le début d'une nouvelle approche plus durable des emballages. » La coalition d'ONG* avec laquelle le RNB suit ce dossier salue le fait que des règles plus strictes soient introduites pour l'utilisation de substances préoccupantes et de produits chimiques extrêmement persistants (PFAS) dans les emballages alimentaires. La volonté politique de protéger les consommateurs et l'environnement contre ces substances nocives est indispensable. La coalition regrette toutefois que la proposition initiale de la Commission européenne, publiée en novembre 2022, ait lourdement souffert de la pression de parties qui souhaitent maintenir la société du tout-jetable. Il est particulièrement décevant que les restrictions sur les emballages inutiles ne concernent que les emballages plastiques jetables et ne s'appliquent pas à tous les matériaux d'emballage à usage unique (comme le prévoyait la proposition initiale). De ce fait, nous craignons un transfert de matériau du plastique vers le papier et le carton, ce qui augmentera encore la pression sur nos forêts. La suite Après 4 ans de travail préparatoire et plus de 15 mois de négociations, nous appelons les institutions de l'UE à ne pas perdre de temps et à adopter ce règlement important avant les élections européennes. Un signal clair sera ainsi envoyé qu'il est temps de changer : passer à l'échelle supérieure pour les solutions circulaires et réduire progressivement l'utilisation d'emballages jetables. Le Parlement européen doit ratifier l'accord en séance plénière en avril. Nous attendons également de la Commission européenne qu'elle signe l'accord dans les plus brefs délais. Le RNB, aux côtés des autres ONG de la coalition, continue de plaider pour des ambitions élevées au niveau européen et une bonne mise en œuvre des nouvelles règles afin de stopper la croissance incontrôlée des déchets d'emballages. Des décisions importantes sur la manière d'implémenter les mesures du règlement seront prises ultérieurement. Nous continuerons donc à suivre ce processus de très près. Chiffres La quantité totale de déchets d'emballages dans l'UE est passée de 66 millions de tonnes en 2009 à 84,3 millions de tonnes en 2021 (soit une croissance de 27,7 %). On s'attend à ce qu'elle augmente encore pour atteindre 92 millions de tonnes en 2030, et 107 millions de tonnes en 2040. La production annuelle estimée de déchets d'emballages est d'environ 190 kg par habitant dans l'UE. Ces déchets ont un impact environnemental considérable, puisqu'ils contribuent à 40 % de l'utilisation du plastique et à 50 % de l'utilisation du papier, et entraînent des émissions de carbone équivalentes aux émissions annuelles de la Hongrie. (Source : Eurostat) Les emballages figurent parmi les principaux utilisateurs de matières vierges (40 % du plastique et 50 % du papier utilisés dans l'UE sont destinés aux emballages) et contribuent à 36 % des déchets ménagers. Coordonnées Janine Röling Recycling Netwerk Benelux | Politiques européennes j.roling@fairresourcefoundation.org +31 6 53595642 *Les membres de cette coalition informelle sont Zero Waste Europe, le Bureau européen de l'environnement, ECOS, ClientEarth, Surfrider Foundation Europe, Deutsche Umwelthilfe, Recycling Netwerk Benelux, Fern et l'Environmental Paper Network.
Janine Röling : ”Nous sommes déçus que le niveau d'ambition ait cédé sous le lobbying de l'industrie, mais en même temps, nous ne devons pas sous-estimer le fait que tout changement commence quelque part. Je vois cela comme le début d'une nouvelle approche plus durable des emballages.”
Le lundi 4 mars 2024, le Parlement européen et le Conseil ont conclu un accord sur le règlement européen sur les emballages (Packaging and Packaging Waste Regulation). L'accord marque la fin d'une longue et intense bataille politique pour introduire des mesures visant à enrayer la quantité croissante de déchets d'emballages.
Malgré des pressions sans précédent et un lobbying négatif, les institutions de l'UE se sont finalement mises d'accord sur une série de dispositions visant à prévenir la production de déchets d'emballages, à promouvoir les systèmes de réemploi et à réduire notre dépendance aux emballages jetables.
Pour mettre un coup d'arrêt à la croissance incontrôlée des déchets d'emballages, l'Europe fixe aux États membres des objectifs contraignants de réduction de ces déchets (5 % d'ici 2030, 10 % d'ici 2035 et 15 % d'ici 2040). En outre, l'accord contient des objectifs visant à introduire des emballages réutilisables dans les secteurs des boissons et du transport. La fin des emballages plastiques à usage unique pour la consommation sur place est également en vue et les systèmes de consigne deviennent obligatoires.
Janine Röling (association environnementaleRecycling Netwerk Benelux) : “Cet accord est une étape import
La coalition d'ONG* avec laquelle le RNB suit ce dossier salue le fait que des règles plus strictes soient introduites pour l'utilisation de substances préoccupantes et de produits chimiques extrêmement persistants (PFAS) dans les emballages alimentaires. La volonté politique de protéger les consommateurs et l'environnement contre ces substances nocives est indispensable.
La coalition regrette toutefois que la proposition initiale de la Commission européenne, publiée en novembre 2022, ait lourdement souffert de la pression de parties qui souhaitent maintenir la société du tout-jetable. Il est particulièrement décevant que les restrictions sur les emballages inutiles ne concernent que les emballages plastiques jetables et ne s'appliquent pas à tous les matériaux d'emballage à usage unique (comme le prévoyait la proposition initiale). De ce fait, nous craignons un transfert de matériau du plastique vers le papier et le carton, ce qui augmentera encore la pression sur nos forêts.
La suite
Après 4 ans de travail préparatoire et plus de 15 mois de négociations, nous appelons les institutions de l'UE à ne pas perdre de temps et à adopter ce règlement important avant les élections européennes. Un signal clair sera ainsi envoyé qu'il est temps de changer : passer à l'échelle supérieure pour les solutions circulaires et réduire progressivement l'utilisation d'emballages jetables. Le Parlement européen doit ratifier l'accord en séance plénière en avril. Nous attendons également de la Commission européenne qu'elle signe l'accord dans les plus brefs délais.
Le RNB, aux côtés des autres ONG de la coalition, continue de plaider pour des ambitions élevées au niveau européen et une bonne mise en œuvre des nouvelles règles afin de stopper la croissance incontrôlée des déchets d'emballages. Des décisions importantes surla manièredont les mesures du règlement doivent être implémentées seront prises ultérieurement. Nous continuerons donc à suivre ce processus de très près.
La quantité totale de déchets d'emballages dans l'UE est passée de 66 millions de tonnes en 2009 à 84,3 millions de tonnes en 2021 (soit une croissance de 27,7 %). On s'attend à ce qu'elle augmente encore pour atteindre 92 millions de tonnes en 2030, et 107 millions de tonnes en 2040.
La production annuelle estimée de déchets d'emballages est d'environ 190 kg par habitant dans l'UE. Ces déchets ont un impact environnemental considérable, puisqu'ils contribuent à 40 % de l'utilisation du plastique et à 50 % de l'utilisation du papier, et entraînent des émissions de carbone équivalentes aux émissions annuelles de la Hongrie. (Source : Eurostat)
Les emballages figurent parmi les principaux utilisateurs de matières vierges (40 % du plastique et 50 % du papier utilisés dans l'UE sont destinés aux emballages) et contribuent à 36 % des déchets ménagers. Coordonnées
Janine Röling Recycling Netwerk Benelux |Politique européenne j.roling@fairresourcefoundation.org
*Les membres de cette coalition informelle sont Zero Waste Europe, le Bureau européen de l'environnement, ECOS, ClientEarth, Surfrider Foundation Europe, Deutsche Umwelthilfe, Recycling Netwerk Benelux, Fern et l'Environmental Paper Network.
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