Les géants français des boissons et les supermarchés soutiennent la consigne
ANALYSE Les filiales françaises de Coca Cola Europe, Pepsi, Red Bull, Danone, Evian, Nestlé avec les eaux Vittel et Perrier ont publié dimanche, via leurs fédérations, une lettre ouverte dans le journal Le Journal du Dimanche. La fédération des supermarchés, la Fédération du commerce et de la distribution, est également signataire. Elle regroupe des chaînes de supermarchés qui, en Belgique ou […]

ANALYSE
Les divisions françaises de Coca Cola Europe, Pepsi, Red Bull, Danone, Evian, Nestlé avec les eaux Vittel et Perrier ont publié dimanche, par l'intermédiaire de leurs fédérations, une lettre ouverte dans le journal Le Journal du Dimanche. La fédération des supermarchés, la Fédération du commerce et de la distribution, est également signataire. Elle regroupe des chaînes de supermarchés actives en Belgique ou aux Pays-Bas : Aldi, Lidl, Carrefour, Spar et Colruyt.
Sous le titre « La consigne pour recycler les emballages de boissons est nécessaire pour une véritable économie circulaire », les producteurs de boissons et les supermarchés écrivent que la consigne est indispensable pour atteindre assez rapidement l'objectif européen et national de 90 % de collecte sélective.
Révolution
« Nous avons analysé pendant des mois les résultats des différents systèmes européens et modélisé plusieurs scénarios. Il en ressort clairement que seuls les pays ayant adopté un système de consigne atteignent, voire dépassent, l'objectif de 90 % de collecte. En Finlande, 91 % des bouteilles en PET sont retournées ; 90 % au Danemark et 97 % en Allemagne. Cette réalité oblige la France à examiner sérieusement cette solution », écrivent les producteurs de boissons et les supermarchés français dans le Journal du Dimanche.
La lettre est signée par les présidents des différentes fédérations et organisations professionnelles. Celles-ci comptent parmi leurs membres les grandes marques de l'industrie des boissons et des supermarchés.
Le fait que les géants des boissons et les chaînes de supermarchés français prennent conscience que seule la consigne leur permettra d'atteindre l'objectif est une révolution dans le secteur européen des producteurs de boissons et des supermarchés. Jusqu'à présent, la plupart des groupes de boissons et des supermarchés affirmaient qu'ils « ne croyaient pas » à la consigne comme solution. C'est également le discours que l'Afvalfonds et Fost Plus, les organisations néerlandaise et belge de responsabilité des producteurs, ont répété inlassablement.
Désormais, l'analyse que font les multinationales françaises des différents systèmes des pays européens s'avère également impitoyable pour le système de collecte néerlandais et belge (le « sac bleu »), promu respectivement par l'Afvalfonds et Fost Plus. En effet, les homologues français concluent de mois de recherche que « seuls les pays ayant adopté un système de consigne atteignent et même dépassent l'objectif de 90 % de collecte ». Ni les Pays-Bas, ni la Belgique.
Un exemple pour les Pays-Bas et la Belgique
Par cette lettre, les entreprises françaises expriment leur soutien à la Loi Anti-Gaspillage, présentée mercredi en Conseil des ministres français par la secrétaire d'État française à la Transition écologique, Brune Poirson. Mme Poirson est ministre de La République En Marche, le parti du président de la République française, Emmanuel Macron. « Le soutien des producteurs de boissons et des supermarchés français est une avancée majeure dans la lutte contre la pollution plastique et les déchets sauvages », réagit l'organisation environnementale Recycling Netwerk Benelux.
« Nous espérons que les dirigeants français de Coca-Cola, Danone, Nestlé, Carrefour, Colruyt et des autres multinationales partageront leur analyse menant à la consigne avec leurs collègues aux Pays-Bas et en Belgique. Il n'y a en effet pas de différences significatives entre le marché des boissons français, belge ou néerlandais. La Belgique et les Pays-Bas doivent également atteindre les objectifs européens. Maintenant que les producteurs de boissons et les supermarchés français veulent franchir le pas vers la consigne, il est logique que leurs collègues aux Pays-Bas et en Belgique s'engagent également en faveur de cette mesure environnementale », ajoute l'organisation environnementale.
Il reste à voir si les producteurs de boissons et les supermarchés aux Pays-Bas et en Belgique se prononceront également en faveur de la consigne. En effet, leurs emballages de boissons se retrouvent souvent dans la nature sous forme de déchets sauvages.
Fost Plus, l'ASBL belge des entreprises de l'emballage, estime le recyclage des bouteilles et flacons en plastique en Belgique à 82,9 %. Mais une étude de Recycling Netwerk démontre qu'en Belgique, en réalité, un maximum de 61,2 % à 67,2 % des bouteilles en plastique est recyclé. Une étude de Recover a confirmé cela, arrivant à la conclusion que le recyclage des bouteilles en PET ne s'élève qu'à 51 %.
Des consommateurs durables
Les multinationales françaises soulignent également dans leur lettre ouverte que 91 % des Français sont favorables à la consigne. « De plus en plus de consommateurs veulent consommer de manière durable. Ils attendent des producteurs de boissons et des supermarchés qu'ils collaborent à la consigne afin de limiter les dommages environnementaux de leurs produits », réagit Recycling Netwerk : « Il est certain que le soutien à la consigne donne un sérieux coup de pouce à l'image de durabilité des producteurs de boissons et des supermarchés français. Si les géants des boissons et les supermarchés belges et néerlandais restent en retrait, cela pourrait leur être préjudiciable sur le marché concurrentiel des bières, des boissons rafraîchissantes et des eaux », analyse l'organisation environnementale.
En Belgique et aux Pays-Bas également, la demande des consommateurs pour la consigne est forte. 8 personnes sur 10 se déclarent favorables à la cons
ANALYSE
Les divisions françaises de Coca Cola Europe, Pepsi, Red Bull, Danone, Evian, Nestlé avec les eaux Vittel et Perrier ont publié dimanche, par l'intermédiaire de leurs fédérations, une lettre ouverte dans le journal Le Journal du Dimanche. La fédération des supermarchés, la Fédération du commerce et de la distribution, est également signataire. Elle regroupe des chaînes de supermarchés actives en Belgique ou aux Pays-Bas : Aldi, Lidl, Carrefour, Spar et Colruyt.
Sous le titre « La consigne pour recycler les emballages de boissons est nécessaire pour une véritable économie circulaire », les producteurs de boissons et les supermarchés écrivent que la consigne est indispensable pour atteindre assez rapidement l'objectif européen et national de 90 % de collecte sélective.
Révolution
« Nous avons analysé pendant des mois les résultats des différents systèmes européens et modélisé plusieurs scénarios. Il en ressort clairement que seuls les pays ayant adopté un système de consigne atteignent, voire dépassent, l'objectif de 90 % de collecte. En Finlande, 91 % des bouteilles en PET sont retournées ; 90 % au Danemark et 97 % en Allemagne. Cette réalité oblige la France à examiner sérieusement cette solution », écrivent les producteurs de boissons et les supermarchés français dans le Journal du Dimanche.
La lettre est signée par les présidents des différentes fédérations et organisations professionnelles. Celles-ci comptent parmi leurs membres les grandes marques de l'industrie des boissons et des supermarchés.
Le fait que les géants des boissons et les chaînes de supermarchés français prennent conscience que seule la consigne leur permettra d'atteindre l'objectif est une révolution dans le secteur européen des producteurs de boissons et des supermarchés. Jusqu'à présent, la plupart des groupes de boissons et des supermarchés affirmaient qu'ils « ne croyaient pas » à la consigne comme solution. C'est également le discours que l'Afvalfonds et Fost Plus, les organisations néerlandaise et belge de responsabilité des producteurs, ont répété inlassablement.
Désormais, l'analyse que font les multinationales françaises des différents systèmes des pays européens s'avère également impitoyable pour le système de collecte néerlandais et belge (le « sac bleu »), promu respectivement par l'Afvalfonds et Fost Plus. En effet, les homologues français concluent de mois de recherche que « seuls les pays ayant adopté un système de consigne atteignent et même dépassent l'objectif de 90 % de collecte ». Ni les Pays-Bas, ni la Belgique.
Un exemple pour les Pays-Bas et la Belgique
« Nous espérons que les dirigeants français de Coca-Cola, Danone, Nestlé, Carrefour, Colruyt et des autres multinationales partageront leur analyse menant à la consigne avec leurs collègues aux Pays-Bas et en Belgique. Il n'y a en effet pas de différences significatives entre le marché des boissons français, belge ou néerlandais. La Belgique et les Pays-Bas doivent également atteindre les objectifs européens. Maintenant que les producteurs de boissons et les supermarchés français veulent franchir le pas vers la consigne, il est logique que leurs collègues aux Pays-Bas et en Belgique s'engagent également en faveur de cette mesure environnementale », ajoute l'organisation environnementale.
Il reste à voir si les producteurs de boissons et les supermarchés aux Pays-Bas et en Belgique se prononceront également en faveur de la consigne. En effet, leurs emballages de boissons se retrouvent souvent dans la nature sous forme de déchets sauvages.
Fost Plus, l'ASBL belge des entreprises de l'emballage, estime le recyclage des bouteilles et flacons en plastique en Belgique à 82,9 %. Mais une étude de Recycling Netwerk démontre qu'en Belgique, en réalité, un maximum de 61,2 % à 67,2 % des bouteilles en plastique est recyclé. Une étude de Recover a confirmé cela, arrivant à la conclusion que le recyclage des bouteilles en PET ne s'élève qu'à 51 %.
Des consommateurs durables
Les multinationales françaises soulignent également dans leur lettre ouverte que 91 % des Français sont favorables à la consigne. « De plus en plus de consommateurs veulent consommer de manière durable. Ils attendent des producteurs de boissons et des supermarchés qu'ils collaborent à la consigne afin de limiter les dommages environnementaux de leurs produits », réagit Recycling Netwerk : « Il est certain que le soutien à la consigne donne un sérieux coup de pouce à l'image de durabilité des producteurs de boissons et des supermarchés français. Si les géants des boissons et les supermarchés belges et néerlandais restent en retrait, cela pourrait leur être préjudiciable sur le marché concurrentiel des bières, des boissons rafraîchissantes et des eaux », analyse l'organisation environnementale.
En Belgique et aux Pays-Bas également, la demande des consommateurs pour la consigne est forte. 8 personnes sur 10 se déclarent favorables à la consigne sur les bouteilles et les canettes.
L'Alliance pour la Consigne (Statiegeldalliantie), la coalition de municipalités, de villes, d'entreprises et d'organisations qui demandent l'introduction de la consigne aux gouvernements néerlandais et belge, compte déjà plus de 900 partenaires un an et demi après sa création.
La Belgique s'isole
« Les entreprises françaises ont compris qu'elles devaient passer à l'action pour sortir de la ligne de mire de la pollution plastique. À présent, tous les regards sont tournés vers les entreprises de boissons et les supermarchés belges et néerlandais », conclut Recycling Netwerk.
Plus d'infos :
Signataires de la lettre ouverte dans Le Journal du Dimanche
Boissons énergisantes France (BEF) regroupe les entreprises qui produisent les marques Crazy Tiger, Dark Dog, Red Bull et Truc de fou
Boissons rafraîchissantes de France (BRF) regroupe L’Abeille, Coca-Cola European Partners France, Coca-Cola France, Danone Eaux France, Lorina, Nestlé Waters France, Orangina Suntory France, Paris Cola, PepsiCo France, Refresco France, SNEMBG, Teisseire
La Maison des Eaux Minérales Naturelles (anciennement CSEM) représente l'ensemble des entreprises françaises actives dans le secteur de l'eau : Neptune (producteur de Thonon, Vernière, Vals, Saint-Yorre, Vichy-Célestins, Rozana, Châteldon), Mont-Roucous, Nestlé Waters France (Vittel, Hépar, Contrex, Perrier), la Société des Eaux Minérales d’Ogeu (Ogeu, Plancoët, Chevreuse, Quézac), Société Anonyme des Eaux Minérales d’Evian (SAEME, Evian La Salvetat, Badoit), Société des Eaux de Volvic (SEV, producteur de Volvic, Refresco France (Saint-Alban), Wattwiller.
La Fédération du commerce et de la distribution (FCD), avec pour supermarchés les plus connus Aldi, Lidl, Carrefour, Spar et Colruyt.
Fédération nationale des boissons, la fédération des distributeurs de boissons auprès du secteur CHR (cafés, hôtels, restaurants).
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