Nouvelle étude d'Eunomia : la consigne numérique est une impasse

En 2025, la Belgique introduira également une consigne sur les canettes et les bouteilles en plastique. L'organisme d'emballage Fost Plus est particulièrement partisan d'un système numérique dans lequel les citoyens doivent scanner les emballages avec leur smartphone pour récupérer leur consigne. L'organisation environnementale Fair Resource Foundation a fait étudier la faisabilité de ce système par Eunomia. « Ce plan peut être mis au placard : le système exclut de nombreuses personnes et sera loin d'être prêt à être mis en œuvre en 2025 ».

Pourquoi le système numérique ne fonctionnera pas

Dans son évaluation de la consigne numérique, Eunomia indique que la consigne numérique se fera, dans le meilleur des cas, encore attendre pendant des années. Cela est dû, entre autres, à plusieurs problèmes qui sont encore loin d'être résolus :

Pour les fabricants de canettes, il n'est actuellement pas possible d'imprimer des codes uniques sur les canettes à la vitesse à laquelle fonctionnent les lignes de production. Cela entraîne des coûts que l'industrie n'est pas prête à assumer (voir page 33).

Il n'existe actuellement aucune solution garantie excluant la fraude à grande échelle (par exemple, des personnes prenant des photos de codes uniques et récupérant la consigne sans rapporter correctement l'emballage).

Il n'y a aucun moyen de vérifier si les emballages sont effectivement collectés, ce qui est nécessaire pour s'assurer du succès du système.

Ce ne sont là que trois exemples des nombreux obstacles démontrés. L'étude souligne également les risques de malentendus, les risques pour la vie privée et ceux de compromettre le marché intérieur européen, que le système numérique proposé ne peut empêcher.

La consigne numérique exclut des personnes

[Communiqué de presse]

En 2025, la Belgique instaurera également une consigne sur les canettes et les bouteilles en plastique. L'organisme d'emballage Fost Plus est particulièrement partisan d'un système numérique où les citoyens doivent scanner les emballages avec leur smartphone pour récupérer leur consigne. L'organisation environnementale Fair Resource Foundation a fait évaluer la faisabilité de ce système par Eunomia. « Ce projet peut être mis au placard : le système exclut beaucoup de personnes et il sera encore loin d'être prêt à être mis en œuvre en 2025 ».

Le rapport est critique à l'égard de l'introduction de la consigne numérique en Belgique. Le rapport tire trois conclusions principales :

Il est très peu probable que le système puisse être réalisé sur le plan technique,

La consigne numérique exclut des personnes, comme celles sans smartphone ou défavorisées,

L'impact positif sur l'environnement est incertain, alors que l'impact d'une consigne classique est avéré et fort.

Chloé Schwizgebel (FRF) : « De nombreuses promesses sans fondement sont faites au sujet de la consigne numérique, mais le système ne fonctionne absolument pas et ne fonctionnera pas non plus dans un avenir proche. Le gouvernement flamand, qui étudie la consigne numérique, ne doit pas se laisser induire en erreur par cette énième tentative de l'industrie de retarder l'introduction d'une consigne classique. »

Eunomia est un cabinet de conseil international qui soutient également la Commission européenne et possède une expertise en matière d'économie circulaire et de systèmes de consigne. Pour cette étude, ils ont interrogé des acteurs du secteur des boissons, du secteur de l'emballage, du secteur des déchets, des organisations de consommateurs et de protection de l'environnement, ainsi que des autorités locales.

Eunomia soulève également la question de savoir si ce système, obligeant les personnes à scanner des codes QR avec un smartphone pour récupérer leur consigne, est véritablement acceptable pour le consommateur. Cela s'explique par le fait que :

Une partie des consommateurs ne peut ou ne veut pas utiliser de smartphones pour récupérer la consigne.

Les solutions proposées pour réduire la fracture numérique, telles que les scanners à domicile, continueraient d'exclure les touristes ou les personnes en situation de précarité, comme les sans-abri. Elles ne résoudraient pas non plus le problème de la consommation nomade (« on-the-go »).

Certaines personnes ne veulent pas s'enregistrer parce qu'elles refusent de partager des données personnelles ou parce que cela n'en vaut pas la peine (par exemple, les touristes).

Ces risques compromettent l'efficacité et l'adhésion au système, alors que le système de consigne classique fonctionne bien et est largement accepté dans de nombreux pays.

Allons-nous résoudre le problème des déchets sauvages avec un code QR ?

Eunomia avertit également que ce système de consigne pourrait ne pas être aussi efficace qu'un système classique. Le rapport montre que la consigne classique permet de réduire d'au moins 85 % les emballages consignés parmi les déchets sauvages. En outre, le rapport indique que la consigne classique favorise la qualité du recyclage et est également compatible avec la logistique inverse pour les emballages réutilisables.

Pour la consigne numérique, aucun de ces effets n'a été prouvé. De plus, son succès dépend fortement de l'adhésion des citoyens.

La consigne numérique aurait un impact nettement inférieur sur les déchets sauvages parce que le système exclut des personnes (participation plus faible), et parce que les emballages jetés dans la nature pourraient ne plus avoir de « valeur de ramassage », le code QR risquant d'avoir déjà été désactivé et la consigne réclamée. La consigne numérique entraîne également moins d'emballages collectés et un moins bon recyclage, notamment en raison de cette même exclusion de certaines personnes, ainsi que de la contamination inévitable des emballages collectés, liée au fait que la collecte devrait en partie passer par les poubelles publiques.

Chloé Schwizgebel (FRF) : « L'étude a identifié de nombreux problèmes qui montrent clairement que la consigne numérique est une impasse. La Wallonie et Bruxelles ont déjà opté pour la consigne classique. Il est désormais important de collaborer avec la Flandre pour garantir un système national unique et efficace dans lequel les points de vente rendent tout simplement leur argent aux consommateurs. »

Le type de système de consigne que nous aurons en 2025 reste une décision politique. 55 villes et communes ont déjà fait part récemment de leurs inquiétudes concernant un système numérique. Nous espérons que les personnalités politiques et les décideurs examineront attentivement l'étude d'Eunomia et feront un choix éclairé.

[Fin du communiqué de presse]

Contact presse : Chloé Schwizgebel, +31 643288231 chloe@fairresourcefoundation.org

Crédit photo : Shutterstock

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