Politique flamande des déchets : un songe d'une nuit d'été

Alors que huit Flamands sur dix et la moitié des communes flamandes demandent l'instauration d'une consigne, le gouvernement flamand préfère temporiser. Sous les applaudissements des supermarchés et des producteurs de boissons, il a une fois de plus repoussé la décision concernant l'introduction de la consigne. Le gouvernement a présenté sa nouvelle […]

Rob Buurman

Alors que huit Flamands sur dix et la moitié des communes flamandes demandent l'introduction d'une consigne, le gouvernement flamand temporise encore. Accompagné par les trompettes des supermarchés et des producteurs de boissons, il a de nouveau reporté la décision d'introduire un système de consigne.

Comme à son habitude, le gouvernement a présenté son nouveau plan d'action sur les déchets comme progressiste et très important. Un objectif de collecte et de recyclage de 90 % pour les emballages de boissons d'ici 2022, sous peine de lourdes amendes pour les entreprises. En fait, cela semble plutôt positif, n'est-ce pas ?

Le statu quo

Mais combien d'emballages de boissons sont réellement recyclés aujourd'hui ? Nous avons réalisé notre propre analyse sur la base des travaux d'étude de l'OVAM et de cabinets de recherche professionnels. Il en ressort que seulement 61 à 67 % des bouteilles en plastique sont effectivement recyclées. Pour les canettes, ce taux n'est que de 65 %, selon Recover, une association de communes et d'intercommunales de gestion des déchets.

Chaque année, Fost Plus publie de nouveaux chiffres de recyclage au nom de l'industrie de l'emballage. Pour 2017, le gestionnaire des déchets revendique un taux de recyclage de 87,7 % pour les bouteilles PET, 91 % pour les cartons de boissons et 102 % pour les emballages métalliques, y compris les canettes. Des estimations bien supérieures à la réalité. Cependant, la politique est structurée de telle sorte que l'auto-déclaration de l'industrie prévaut pour déterminer le taux de recyclage officiel.

L'objectif strict de 90 % fixé par Bourgeois et consorts semble donc être un grand pas en avant, mais selon les entreprises, il est déjà une réalité en 2018. Les entreprises vont pouvoir continuer à fonctionner comme si de rien n'était, en toute tranquillité d'esprit.

Penser que les producteurs de boissons et les supermarchés réduiront les déchets sauvages de manière aussi efficace sans consigne est naïf. Alors, qu'est-ce qui va changer exactement d'ici 2023 ? C'est en vain que nous cherchons dans le plan d'action sur les déchets un objectif de réduction des déchets sauvages. Une occasion manquée.

On y apprend que le gouvernement flamand va interdire la distribution gratuite de sacs en plastique. Mais cela avait déjà été décidé au niveau européen. Mieux encore : la Wallonie et Bruxelles ont déjà une longueur d'avance en ayant interdit catégoriquement les sacs en plastique. La Flandre ne fait rien de plus que le strict minimum requis.

De la Commission européenne aux communes flamandes

Et ce, alors qu'une dynamique mondiale est en marche. La Commission européenne s'attelle à l'interdiction des produits en plastique à usage unique. Même pour les pays qui ne recyclent encore rien, elle exige une collecte sélective de 90 % des bouteilles et des canettes, ce qui n'est en réalité possible que via une consigne. Le gouvernement conservateur du Royaume-Uni s'y attelle. Même Coca-Cola a publié cette semaine 11 principes pour un bon système de consigne sur l'île britannique.

Et que fait la Flandre ? Face à l'abondance de déchets sauvages, la plupart des décideurs locaux ont déjà compris l'urgence de la situation. 168 communes flamandes, ainsi qu'une centaine d'organisations flamandes, demandent l'introduction rapide de la consigne. Lorsqu'une immense majorité de la population souhaite une mesure environnementale, il est difficile de comprendre pourquoi il faut attendre cinq ans pour la mettre en œuvre.

En attendant, les déchets sauvages ne diminueront pas dans les mois et années à venir. Avec l'augmentation de la consommation nomade, nous continuerons à voir des canettes et des bouteilles sur les bas-côtés des routes. La facture annuelle de nettoyage de 164 millions d'euros continue de grimper. Cela se passe devant la porte de chacun d'entre nous. L'aspect de la commune, la pollution de nos plages, sont des sujets qui touchent le quotidien de tout le monde.

Tant que les déchets sauvages défigureront les rues, les champs et les plages, les Flamands continueront de réclamer des solutions efficaces comme la consigne. Tant que des morceaux de canettes rendront les vaches malades, les éleveurs se mobiliseront. Le sujet sera donc au cœur de débats passionnants lors des campagnes pour les conseils communaux et pour le prochain gouvernement flamand.

Rob Buurman & Tom Zoete

Le journal De Morgen a publié cette tribune le 21 juillet.

Alors que huit Flamands sur dix et la moitié des communes flamandes demandent l'introduction d'une consigne, le gouvernement flamand temporise encore. Accompagné par les trompettes des supermarchés et des producteurs de boissons, il a de nouveau reporté la décision d'introduire un système de consigne.

Comme à son habitude, le gouvernement a présenté son nouveau plan d'action sur les déchets comme progressiste et très important. Un objectif de collecte et de recyclage de 90 % pour les emballages de boissons d'ici 2022, sous peine de lourdes amendes pour les entreprises. En fait, cela semble plutôt positif, n'est-ce pas ?

Le statu quo

Mais combien d'emballages de boissons sont réellement recyclés aujourd'hui ? Nous avons réalisé notre propre analyse sur la base des travaux d'étude de l'OVAM et de cabinets de recherche professionnels. Il en ressort que seulement 61 à 67 % des bouteilles en plastique sont effectivement recyclées. Pour les canettes, ce taux n'est que de 65 %, selon Recover, une association de communes et d'intercommunales de gestion des déchets.

Chaque année, Fost Plus publie de nouveaux chiffres de recyclage au nom de l'industrie de l'emballage. Pour 2017, le gestionnaire des déchets revendique un taux de recyclage de 87,7 % pour les bouteilles PET, 91 % pour les cartons de boissons et 102 % pour les emballages métalliques, y compris les canettes. Des estimations bien supérieures à la réalité. Cependant, la politique est structurée de telle sorte que l'auto-déclaration de l'industrie prévaut pour déterminer le taux de recyclage officiel.

L'objectif strict de 90 % fixé par Bourgeois et consorts semble donc être un grand pas en avant, mais selon les entreprises, il est déjà une réalité en 2018. Les entreprises vont pouvoir continuer à fonctionner comme si de rien n'était, en toute tranquillité d'esprit.

Penser que les producteurs de boissons et les supermarchés réduiront les déchets sauvages de manière aussi efficace sans consigne est naïf. Alors, qu'est-ce qui va changer exactement d'ici 2023 ? C'est en vain que nous cherchons dans le plan d'action sur les déchets un objectif de réduction des déchets sauvages. Une occasion manquée.

On y apprend que le gouvernement flamand va interdire la distribution gratuite de sacs en plastique. Mais cela avait déjà été décidé au niveau européen. Mieux encore : la Wallonie et Bruxelles ont déjà une longueur d'avance. Ils ont interdit catégoriquement les sacs en plastique. La Flandre ne fait rien de plus que le strict minimum requis.

De la Commission européenne aux communes flamandes

Et ce, alors qu'une dynamique mondiale est en marche. La Commission européenne s'attelle à une interdiction des produits en plastique à usage unique. Même pour les pays qui ne recyclent encore rien, elle exige une collecte sélective de 90 % des bouteilles et des canettes, ce qui n'est en réalité possible que via une consigne. Le gouvernement conservateur du Royaume-Uni s'y attelle. Même Coca-Cola a publié cette semaine encore 11 principes pour un bon système de consigne sur l'île britannique.

Et que fait la Flandre ? Face à l'abondance de déchets sauvages, la plupart des décideurs locaux ont déjà compris l'urgence de la situation. 168 communes flamandes demandent, aux côtés de cent organisations flamandes, l'introduction rapide de la consigne. Lorsqu'une immense majorité de la population souhaite une mesure environnementale, il est difficile de comprendre pourquoi il faut attendre cinq ans pour la mettre en œuvre.

En attendant, les déchets sauvages ne diminueront pas dans les mois et années à venir. Avec l'augmentation de la consommation nomade, nous continuerons à voir des canettes et des bouteilles sur les bas-côtés des routes. La facture annuelle de nettoyage de 164 millions d'euros continue de grimper. Cela se passe devant la porte de chacun d'entre nous. L'aspect de la commune, la pollution de nos plages, sont des sujets qui touchent le quotidien de tout le monde.

Tant que les déchets sauvages défigureront les rues, les champs et les plages, les Flamands continueront de réclamer des solutions efficaces comme la consigne. Tant que des morceaux de canettes rendront les vaches malades, les éleveurs se mobiliseront. Le sujet sera donc au cœur de débats passionnants lors des campagnes pour les conseils communaux et pour le prochain gouvernement flamand.

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Le journal De Morgen a publié cette tribune le 21 juillet.

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