Il est temps d'adopter une nouvelle politique flamande des déchets
Le reportage de Pano sur la VRT écorne le discours triomphaliste avec lequel Fost Plus, au nom des producteurs de boissons et des supermarchés, rassure les clients et les politiciens. « Tout va bien, aucun changement n'est nécessaire ». La réalité s'avère pourtant dramatique. Faut-il pour autant perdre espoir et penser que trier ne sert à rien ? Non. Notre système de gestion des déchets n'a pas à subir de fuites […]
Le reportage de Pano sur la VRT perce à jour le discours triomphant avec lequel Fost Plus rassure les clients et les politiciens au nom des producteurs de boissons et des supermarchés. « Tout va bien, aucun changement n'est nécessaire ». La réalité s'avère pourtant désolante.
Faut-il maintenant désespérer et penser que le tri ne sert à rien ? Non. Notre système de gestion des déchets ne doit présenter aucune faille. C'est une question de politique.
Chaque type de déchet nécessite une approche spécifique. Mais pour 40 % des déchets sauvages, à savoir les bouteilles en plastique et les canettes, une solution existe : la consigne. C'est la norme depuis des années dans 39 pays et régions. En Allemagne, par exemple, il n'y a pas de canettes sur les accotements. Chez nous aussi, nous la connaissons pour les bouteilles de bière en verre, et cela fonctionne très bien. Les emballages vides conservent une valeur. Les gens ne les jettent pas.
Décret sur la consigne
Cette année, les gouvernements français, slovaque et écossais ont élaboré des lois sur la consigne pour le plastique et les canettes. Ils souhaitent ainsi collecter séparément 90 % des bouteilles en plastique, la nouvelle norme européenne. Les régions bruxelloise et wallonne ont inscrit la consigne dans leurs accords de gouvernement cet été. Que décideront les négociateurs de la N-VA, du CD&V et de l'Open VLD dans le nouvel accord de gouvernement flamand et dans la Déclaration de Septembre ?
Car un véritable décret flamand sur la consigne sera bien nécessaire. Les « engagements volontaires » du secteur de l'emballage n'ont mené qu'aux dérives montrées par Pano. Chaque année, les producteurs de boissons et les supermarchés vendent plus de 2 milliards de bouteilles et de canettes dans notre pays. Sans décret, en 2024, à la fin de la législature, il y aura toujours autant de déchets sauvages.
Impôts et bourgmestres
En matière de politique des déchets, la consigne est la solution la plus simple à mettre en œuvre. C'est une bonne nouvelle pour le budget. La Norvège finance son système grâce à une petite contribution des producteurs et aux recettes issues du recyclage. Elle compense ainsi les coûts pour les commerçants. Le gouvernement n'y investit pas d'argent public. Mieux encore : les coûts de nettoyage des déchets sauvages diminuent. Ces coûts représentent aujourd'hui pour les Flamands 367 000 euros d'argent public chaque jour.
L'année dernière, lors du débat électoral, Bart De Wever déplorait qu'il n'ait « pas encore réussi à rendre Anvers propre ». Beaucoup d'autres bourgmestres partagent cette frustration. Plus de 60 % des communes flamandes sont donc membres de l'Alliance pour la consigne (Statiegeldalliantie). La Scandinavie est le modèle de la politique flamande, écrivait l'informateur De Wever dans sa note de départ. Eh bien, tous les pays scandinaves appliquent la consigne depuis des années. Les bourgmestres y parviennent à rendre leurs villes et communes propres, ce qui constitue un atout touristique majeur.
Mesure environnementale populaire
Les déchets sauvages qui dérangent tant les Flamands sont composés à 40 % de bouteilles en plastique et de canettes. La consigne est une mesure environnementale populaire. 8 Flamands sur 10 y sont favorables, de même que 80 % des électeurs de la N-VA et 75 % des électeurs de l'Open VLD. Les éleveurs, le syndicat agricole ABS et le KVLV applaudiront également. Les débris de canettes rendent leurs vaches malades. Avec la consigne, le gouvernement flamand peut également renforcer son bilan en matière de bien-être animal.
Le reportage de Pano montre un secteur des déchets flamand qui, aujourd'hui, trie et exporte surtout beaucoup. En améliorant la collecte, notamment grâce à la consigne, on obtient un flux de déchets de plus haute qualité et de plus grande valeur. Celui-ci peut être utilisé localement par les producteurs de boissons qui souhaitent intégrer davantage de matière recyclée dans leurs produits.
Des changements rapides et profonds dans la politique des déchets flamande et belge deviennent donc urgents. Les gens en ont assez des déchets sauvages. Les failles dans le flux des déchets doivent être colmatées. En inscrivant la consigne dans l'accord de gouvernement flamand, la Belgique se repositionne dans la course vers l'économie circulaire.
Le soutien à la consigne parmi les communes et les électeurs est immense. La N-VA, le CD&V et l'Open VLD ont une occasion en or de remettre la politique des déchets sur les rails. Ainsi, les images de déchets sauvages de Pano ne seront plus qu'un lointain souvenir. Et les citoyens pourront être fiers d'une Flandre propre.
Cette opinion a également été publiée sur VRT NWS, Door statiegeld maken we Vlaanderen weer proper, en het kost de belastingbetaler niets, 20 septembre 2019
VRT, Pano, « Hoera recyclage ! », 18 septembre 2019
RTBF, Questions à la Une, « Où finissent vraiment nos déchets plastiques ? », 18 septembre 2019
Le reportage de Pano sur la VRT perce à jour le discours triomphant avec lequel Fost Plus rassure les clients et les politiciens au nom des producteurs de boissons et des supermarchés. « Tout va bien, aucun changement n'est nécessaire ». La réalité s'avère pourtant désolante.
Faut-il maintenant désespérer et penser que le tri ne sert à rien ? Non. Notre système de gestion des déchets ne doit présenter aucune faille. C'est une question de politique.
Chaque type de déchet nécessite une approche spécifique. Maar voor 40 % des déchets sauvages, les bouteilles en plastique et les canettes, une solution existe : la consigne. C'est la norme depuis des années dans 39 pays et régions. En Allemagne, par exemple, il n'y a pas de canettes sur les accotements. Chez nous aussi, nous la connaissons pour les bouteilles de bière en verre, et cela fonctionne très bien. Les emballages vides conservent une valeur. Les gens ne les jettent pas.
Décret sur la consigne
Cette année, les gouvernements français, slovaque et écossais ont élaboré des lois sur la consigne pour le plastique et les canettes. Ils souhaitent ainsi collecter séparément 90 % des bouteilles en plastique, la nouvelle norme européenne. Les régions bruxelloise et wallonne ont inscrit la consigne dans leurs accords de gouvernement cet été. Que décideront les négociateurs de la N-VA, du CD&V et de l'Open VLD dans le nouvel accord de gouvernement flamand et dans la Déclaration de Septembre ?
Car un véritable décret flamand sur la consigne sera bien nécessaire. Les « engagements volontaires » du secteur de l'emballage n'ont mené qu'aux dérives montrées par Pano. Chaque année, les producteurs de boissons et les supermarchés vendent plus de 2 milliards de bouteilles et de canettes dans notre pays. Sans décret, en 2024, à la fin de la législature, il y aura toujours autant de déchets sauvages.
Impôts et bourgmestres
En matière de politique des déchets, la consigne est la solution la plus simple à mettre en œuvre. C'est une bonne nouvelle pour le budget. La Norvège finance son système grâce à une petite contribution des producteurs et aux recettes issues du recyclage. Elle compense ainsi les coûts pour les commerçants. Le gouvernement n'y investit pas d'argent public. Mieux encore : les coûts de nettoyage des déchets sauvages diminuent. Ces coûts représentent aujourd'hui pour les Flamands 367 000 euros d'argent public chaque jour.
L'année l'année dernière, lors du débat électoral, Bart De Wever déplorait qu'il n'ait « pas encore réussi à rendre Anvers propre ». Beaucoup d'autres bourgmestres partagent cette frustration. Plus de 60 % des communes flamandes sont donc membres de l'Alliance pour la consigne (Statiegeldalliantie). La Scandinavie est le modèle de la politique flamande, écrivait l'informateur De Wever dans sa note de départ. Eh bien, tous les pays scandinaves appliquent la consigne depuis des années. Les bourgmestres y parviennent à rendre leurs villes et communes propres, ce qui constitue un atout touristique majeur.
Mesure environnementale populaire
Les déchets sauvages qui dérangent tant les Flamands sont composés à 40 % de bouteilles en plastique et de canettes. La consigne est une mesure environnementale populaire. 8 Flamands sur 10 y sont favorables, de même que 80 % des électeurs de la N-VA et 75 % des électeurs de l'Open VLD. Les éleveurs, le syndicat agricole ABS et le KVLV applaudiront également. Les débris de canettes rendent leurs vaches malades. Le gouvernement flamand peut également renforcer son bilan en matière de bien-être animal avec la consigne.
Le reportage de Pano montre un secteur des déchets flamand qui, aujourd'hui, trie et exporte surtout beaucoup. En améliorant la collecte, notamment grâce à la consigne, on obtient un flux de déchets de plus haute qualité et de plus grande valeur. Celui-ci peut être utilisé localement par les producteurs de boissons qui souhaitent intégrer davantage de matière recyclée dans leurs produits.
Des changements rapides et profonds dans la politique des déchets flamande et belge deviennent donc urgents. Les gens en ont assez des déchets sauvages. Les failles dans le flux des déchets doivent être colmatées. En inscrivant la consigne dans l'accord de gouvernement flamand, la Belgique se repositionne dans la course vers l'économie circulaire.
Le soutien à la consigne parmi les communes et les électeurs est immense. La N-VA, le CD&V et l'Open VLD ont une occasion en or de remettre la politique des déchets sur les rails. Ainsi, les images de déchets sauvages de Pano ne seront plus qu'un lointain souvenir. Et les citoyens pourront être fiers d'une Flandre propre.
Cette opinion a également été publiée sur VRT NWS, Door statiegeld maken we Vlaanderen weer proper, en het kost de belastingbetaler niets, 20 septembre 2019 VRT, Pano, « Hoera recyclage ! », 18 septembre 2019 RTBF, Questions à la Une, « Où finissent vraiment nos déchets plastiques ? », 18 septembre 2019
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